Changer d’emploi avec Lionel Lebreton

Un changement d’emploi est toujours un moment rempli d’incertitudes et de fébrilité. Alors que certaines personnes embrassent leur nouveau défi avec joie, d’autres vivront des moments plus stressants, voire angoissants. ComparJobs a décidé d’aller à la rencontre de femmes et d’hommes qui ont récemment changé d’emploi. Des histoires et des contextes qui diffèrent d’une personne à l’autre, mais dans lesquelles plusieurs personnes sauront se reconnaître.
Un changement d’emploi est toujours un moment rempli d’incertitudes et de fébrilité. Alors que certaines personnes embrassent leur nouveau défi avec joie, d’autres vivront des moments plus stressants, voire angoissants. ComparJobs est allé à la rencontre de femmes et d’hommes qui ont récemment changé d’emploi. Des histoires et des contextes qui diffèrent d’une personne à l’autre, mais dans lesquelles plusieurs personnes sauront se reconnaître.

 

Cette semaine, le blogue « Changer d’emploi » rencontre Lionel Lebreton, directeur des ventes et du marketing chez Travelworks / PC Voyages, de Montréal.

Lionel Lebreton
Lionel Lebreton

 

Survol de son parcours professionnel:

Lionel est sur le marché du travail depuis un peu plus de 20 ans, ce qui lui a permis de cumuler plusieurs expériences dans différents domaines. D’origine française, il est détenteur d’une formation universitaire en commerce international. Suite à ses études, il a passé ses sept premières années en emploi dans le domaine du développement d’affaires à l’international pour des entreprises du secteur agroalimentaire.

À son arrivée au Québec, sa carrière bifurque vers le domaine des technologies, mais toujours au niveau du développement d’affaires. Il travaillera dans plusieurs compagnies de logiciels, principalement dans des fonctions reliées aux ventes et au marketing.

Au cours des quatre dernières années, Lionel a travaillé comme entrepreneur spécialisé en services de consultation. Il offrait des services d’accompagnement à différentes entreprises pour les aider dans leur développement international. Encore une fois, ses clients étaient surtout dans le domaine des technologies. Il s’agissait à la fois d’entreprises québécoises qui souhaitaient percer à l’international et d’entreprises européennes qui voulaient s’implanter en Amérique du Nord.

 

Ce qui l’a poussé à vouloir changer d’emploi :

Différents facteurs ont amené Lionel à réfléchir à son avenir professionnel mais parmi ceux-ci, il avoue être arrivé à un stade de sa vie où le plaisir au travail est devenu plus important que la rémunération. Évidemment, en redevenant salarié il s’assurait aussi d’obtenir une certaine stabilité où il n’avait plus à constamment courir après le prochain contrat de consultation.

Même s’il a adoré être entrepreneur, son désir de recommencer à travailler au sein d’une équipe a été l’élément déterminant dans sa décision de changer d’emploi. Comme consultant, Lionel travaillait souvent seul à partir de son domicile, ce qui lui apportait différentes frustrations. Après quelques années de travail en solo, il souhaitait recommencer à collaborer avec une équipe, à être « challengé » par les autres et à participer à différents projets avec des collègues.

 

Ses exigences par rapport à son prochain emploi

Dès le début de son processus de recherche, Lionel s’est fixé une liste de critères à respecter pour son prochain emploi :

  • Tout d’abord, il souhaitait demeurer dans le domaine des technologies mais pour une entreprise déjà bien établie dans son secteur. Comme consultant il a surtout travaillé avec des startups qui ont souvent très peu de moyens. En choisissant une entreprise plus structurée, il s’assurait d’avoir plus de ressources à sa disposition pour mener à bien ses différents projets.
  • Le volet géographique était aussi très important sur sa liste de critères. Lionel souhaitait travailler au centre-ville de Montréal, puisqu’il s’agissait d’un milieu facilement accessible à partir de son domicile. De plus, il apprécie la qualité de l’environnement offert par le centre-ville avec sa grande concentration de services, d’activités, de commerces et de lieux publics.
  • Lionel accordait également une grande attention au lieu de travail dans le choix de son prochain employeur. Il souhaitait évoluer dans des bureaux qui sont confortables. Pour réussir à être performant et concentré, Lionel préfère les environnements de travail plus intimes et silencieux. Il n’aurait donc pas été à l’aise dans un espace ouvert rempli de cubicules, où l’on entend tous ses voisins travailler. Cette quête de confort était donc un aspect important dans sa recherche.
  • Finalement, la relation avec ses supérieurs était un point décisif dans ce que Lionel cherchait. Il souhaitait travailler avec un patron qui saurait lui accorder sa confiance. Bien qu’il apprécie le travail d’équipe, il souhaitait également avoir la marge de manœuvre et la liberté d’action pour pouvoir faire avancer ses projets de manière autonome. Avant de se commettre avec un employeur, il tenait donc à valider ces éléments avec la haute direction de l’entreprise.

 

Sa stratégie de recherche d’emploi

Après avoir fixé sa liste de critères, Lionel s’est mis à cibler et à communiquer directement avec certaines entreprises qui lui semblaient intéressantes. Son objectif ultime était de trouver l’employeur avec lequel il aurait « un bon fit ». Pour faire ses recherches, il consultait d’abord les journaux et les médias sociaux. Il trouvait ensuite un angle d’approche, comme par exemple un élément récent de l’actualité lié à une entreprise. Il s’armait ainsi d’un prétexte pour justifier un appel auprès d’une personne-clé dans l’organisation ciblée. Puis, pendant ce premier échange téléphonique, il validait son intérêt à travailler dans l’entreprise notamment au niveau des critères qu’il s’était fixé.

Dans ses recherches d’employeurs potentiels, Lionel essayait de ne pas cibler des entreprises qui étaient publiquement en affichage de poste. Il regardait d’abord si l’entreprise correspondait à ses critères puis il tentait de se positionner auprès d’eux AVANT qu’un poste ne devienne disponible. Pour lui, une fois qu’un poste est affiché le volume de candidatures est tellement élevé qu’il devient beaucoup plus difficile d’attirer l’attention des employeurs et de se démarquer. Lionel souligne d’ailleurs une statistique qui l’avait marquée : 90% des postes disponibles sont comblés sans jamais être affichés. « Ça fait donc beaucoup de chercheurs d’emploi qui s’intéressent au 10% des postes restants ».

 

Comment il a trouvé son nouvel emploi

Pour trouver son nouvel emploi, Lionel spécifie que le hasard a aussi joué un rôle important. Un jour, il s’est aperçu qu’une personne qu’il ne connaissait pas avait consulté son profil LinkedIn. Il s’est donc mis à faire des recherches sur cette personne. Il a découvert que cet individu dirigeait PC Voyages, une organisation qui occupe une position de leader dans son secteur d’activité. Il ne le savait pas encore à ce moment mais cette personne allait devenir son futur patron.

Fidèle à sa stratégie, Lionel a donc tenté d’entrer en communication avec ce dirigeant d’entreprise. Après lui avoir laissé deux messages téléphoniques sans retour d’appel, il a ensuite décidé d’essayer une approche plus audacieuse. Dans l’espoir d’attirer l’attention de ce dirigeant d’entreprise, Lionel envoie sa candidature spontanée par la poste. Il savait très bien que cette méthode n’était pratiquement plus utilisée pour postuler à un emploi et il espérait donc réussir à se différencier.

La stratégie a porté fruit. Dès la livraison de sa candidature par courrier postal, il a reçu un appel du dirigeant qu’il ciblait. Le lendemain, ils avaient rendez-vous pour une première rencontre. Pendant leurs discussions, Lionel admet avoir été charmé par le fait que la plupart des employés de PC Voyages y travaillaient depuis plus de 20 ans. Pour lui, c’était le signe ultime que l’entreprise traitait bien son personnel et que les gens y étaient heureux. Le lendemain de la première rencontre avec le Président de l’entreprise, Lionel recevait une offre d’embauche.

Autre fait intéressant, Lionel a eu son mot à dire dans la conception du poste qu’il allait occuper. À l’origine, PC Voyages cherchait davantage une personne au niveau du développement des affaires. L’entreprise existe depuis 28 ans et depuis sa fondation, sa croissance s’est surtout faite par l’entremise du bouche à oreille. Avec une part du marché québécois de 80%, l’entreprise souhaitait donc poursuivre sa croissance à l’international. En discutant avec son futur patron des stratégies pour réussir ce développement hors Québec, ils en sont donc venus à la conclusion que le poste de Lionel devrait également comporter un volet marketing.

 

La transition entre les 2 postes :

Même s’il était à son propre compte avant d’accepter son nouvel emploi chez PC Voyages, Lionel a quand même pris le temps d’assurer une bonne transition avec ses anciens clients. Il faut savoir que par souci de transparence, il les avait déjà informés qu’il était à la recherche d’un nouveau défi. Le choc a donc été moins grand lorsqu’il leur a appris qu’il mettait fin à leurs collaborations. De plus, avant de débuter son nouvel emploi il a pris quelques semaines pour bien coordonner la fin du mandat avec ses clients.

Trois semaines plus tard, il entrait à temps plein chez PC Voyages. À sa grande satisfaction, l’emploi s’est avéré à la hauteur de ce qui avait été promis. L’ambiance et l’environnement de travail correspondait à ce qu’il recherchait. Il retrouvait également le côté travail d’équipe qui lui avait tant manqué, tout en gardant une certaine autonomie par rapport à ses supérieurs. Bref, l’entreprise correspondait parfaitement aux critères qu’il s’était fixé au départ.

 

Le conseil qu’il donnerait à une personne qui songe à changer d’emploi :

Tout d’abord, Lionel recommande aux travailleurs de toujours s’intéresser à ce qui se passe dans leur secteur d’activité et ce, même s’ils ne cherchent pas activement d’emploi. « Les personnes qui ont fait leurs devoirs et qui connaissent déjà leur industrie au moment de débuter leurs recherches sont beaucoup plus armées que celles qui doivent commencer à zéro. » Il suggère donc de toujours rester à l’affût de ce qui se passe chez les concurrents de son employeur et dans les entreprises connexes. « Qui sait, ils deviendront peut-être leur employeur dans 10 ans ».

Deuxièmement, Lionel conseille aux chercheurs d’emploi d’établir leur propre liste d’exigences professionnelles et de s’assurer de choisir un employeur qui répondra à ces critères. Bien évidemment, il est conscient que certaines situations urgentes obligent à faire preuve de plus de flexibilité. Mais dans la mesure du possible, il recommande de prendre le temps de bien choisir. « Si tu n’es pas heureux dans ton emploi, tu n’auras pas de plaisir et au final, ça affectera ta performance ». Lionel pense qu’ultimement, un emploi qui ne convient pas à une personne la poussera à vouloir changer de nouveau. Selon lui, rien ne sert d’accepter trop rapidement un nouvel emploi s’il faut recommencer le processus quelques mois plus tard.

D’ailleurs, un de ses anciens mentors lui avait présenté la situation d’une manière qui l’avait marqué. Pour lui, il y avait 4 types d’emploi :

  • Ce que tu n’es pas bon à faire et que tu n’aimes pas faire;
  • Ce que tu n’es pas bon à faire mais que tu aimes faire;
  • Ce que tu es bon à faire mais que tu n’aimes pas faire;
  • Ce que tu es bon à faire et que tu aimes faire.

Il conseillait donc aux chercheurs d’emploi de mettre le focus sur la dernière catégorie : ce qu’ils font bien et qu’ils apprécient effectuer. En se concentrant sur des fonctions qui répondent à ces deux critères, Lionel croit qu’automatiquement les personnes réussiront à s’épanouir au plan professionnel.